Beaucoup de personnes me disent : « Je n’arrive pas à voyager, je ne vois rien » C’est quelque chose qui revient souvent lors des premières expériences de voyages chamaniques et qui m’a personnellement impacté au début de ma pratique.
Voilà pourquoi il me parait important d’apporter quelques précisions sur la façon dont peuvent être perçus les messages lors d’un voyage chamanique.
Beaucoup de mots peuvent décrire ce que provoquent ces battements de tambour. On peut parler d’états modifiés de conscience, de réalités non-ordinaire , de transe chamanique. Autant d’appellations qui sont correctes mais qui parfois sont un peu abstraites pour le néophyte que j’étais au début de toute cette aventure. La première vidéo sur laquelle je suis tombé quand j’ai commencé à m’intéresser au chamanisme est une vidéo de Corinne Sombrun qui expliquait comment elle avait fusionné « par hasard » avec son animal totem lors d’un reportage journalistique en Mongolie, ce qui avait provoqué chez elle une forte transe et quelque part, pour ma compréhension d’alors, une perte de contrôle qui m’a fait peur. Ceci a eu pour effet également de me faire penser lors de mes premiers voyages que je ne voyageais pas. J’avais l’impression de réfléchir, que si je voyais ou pensais à tel animal, c’est parce que je l’avais toujours adoré. Tout était très léger, furtif, un peu comme dans un rêve du petit matin, quand on ne dort plus vraiment mais qu’on est pas totalement réveillé. Je mentalisais tout en bon cartésien que j’étais…
Ce n’est que lorsque je me suis retrouvé dans les stages de formation de la FSS (Foundation for shamanics studies) qu’un déclic s’est opéré. Lors d’exercices par deux, des « réflexions » , des « pensées » accompagnées parfois d’images me passaient par la tête sur les désordres ou les choses traumatisantes vécues par l’autre personne que je ne connaissais pas et qui ne m’avait rien dit. C’est là que mon côté cartésien en a pris un bon coup et que j’ai compris que ces « pensées, réflexions » amplifiées par le battement du tambour étaient en fait des perceptions chamaniques car je n’avais pas pu inventer tout ça. Voilà pourquoi, j’aime bien le terme d’état de réceptivité accrue pour décrire ce qui se passe lors d’un voyage au tambour. Tous les sens : la vue bien sûr, mais aussi l’audition, l’odorat, l’intuition, la kinesthésie sont autant de canaux de réception.
Je préfère donc le terme de perceptions chamaniques à celui de visions. Beaucoup de personnes effectivement vont peut-être voir dérouler un film comme Alice au pays des merveilles et c’est super et bien plus facile à interpréter, mais pour plein d’autres, les messages vont passer par le corps, l’intuition ou la clair audience. Ce n’est que la pratique qui permet avec l’expérience d’avoir sa propre carte de lecture.
Tout le monde, à des degrés divers, en fonction de sa sensibilité peut accéder à des messages, des guérisons, des réponses pour sa vie lors de voyage au tambour et c’est là le grand message de Mickael Harner. C’est aussi ce qui me porte lors de mes journées de formation : rendre les gens autonomes avec leur tambour pour accéder à l’invisible.
Mais, il faut toutefois être prudent avec les crises égotiques. Même si tout le monde, avec un peu de pratique peut jouer « Au clair de la lune » sur un piano, tout le monde n’est pas pour autant Mozart. C’est pour cela que je préfère le terme de praticien chamanique à celui de chaman qui dans un contexte traditionnel désigne une personne soit issue d’une lignée familiale soit reconnue par un autre chaman soit ayant satisfait à un parcours initiatique souvent peu enviable mais dans tous les cas reconnue par sa communauté pour ses résultats….
